vendredi 21 juillet 2017

La passion de l'amour porte en soi le modèle d'une communication parfaite : l'orgasme, l'accord des partenaires dans l'acmé








Ceux qui veulent changer le monde quand ils veulent encore le changer sont ceux que ce monde a formés.


À quoi ce monde les a-t-il formés, et surtout dans quel but ?


À être tout à la fois les producteurs et les hommes-sandwiches (volontaires, enthousiastes, fanatiques) de la marchandise : des hommes producteurs d'ordures mais aussi vide-ordures, vide-marchandises (volontaires, enthousiastes, fanatiques).


Comment ? En les libérant pratiquement et intellectuellement par un savant travail de propagande, cachant comme il se doit son nom, et de déconditionnement-reconditionnement des limitations imposées, par l'ordre féodal et bourgeois, à leurs fantaisies ressentimentales et aux folies compensatoires que leur donnent les différentes formes de leur vie de misère.


Pourquoi ? Pour les instrumentaliser politiquement dans la guerre que mènent ceux qui les ont formés contre l'ancien ordre féodal et bourgeois — et ses multiples variantes et reliquats —, et exploiter commercialement la mine — maintenant à ciel ouvert de l’or noir de leurs perversions et des pulsions destructrices et auto-destructrices que leur donne leur injouissance —, injouissance elle-même sous-produit de leurs vies de miséreux , pulsions destructrices et auto-destructrices canalisées (politisées, alcoolisées, droguées, sexualisées, spectacularisées etc.) dans le spectacle politique, et la production et la consommation marchande exhibitionniste-festiviste ou exhibitionniste-guerrière.



Le capitalisme industriel contre le pouvoir foncier c'est-à-dire contre les restes de l'Ancien Régime , puis le capitalisme financier contre le capitalisme industriel : le tout au service de l’usure et de la guerre de religion ; l'usure et la religion, c'est-à-dire ces symptômes d'une perversion historiquement dominante : la névrose obsessionnelle.



L’homme est un Libertin-Idyllique, un gentilhomme de fortune contemplatif galant ou n’est rien, sinon une brute superstitieuse : un usurier, ou une variante de leurs multiples larbins, fiers de l’être, ou de leurs innombrables idiots utiles, larbins "rebelles", et possédés par leurs souffrances névrotiques, déniées, et débondées transformées en avant-gardisme de foire.



En paraphrasant, on peut dire : la liberté à laquelle aspire l'injouissant moderne n'est pas celle de l'homme libre, mais celle de l'esclave un jour de fête.

Sans expérience du sens mystique-poétique de la vie, les projets que l’on peut faire pour l’homme (l'exploiter avec une encore plus grande outrance, ou, apparemment à l’inverse, auto-gérer les résultats du mouvement précédent ((humains, techniques etc.)) sous la forme d’une auto-exploitation de ses propres folies réactives) ne sont que des rêves de chiens de guerre conditionnés.




Bios theorètikos


Une civilisation ne vaut que par ceux auxquels elle permet l'existence contemplative non pas au sens de Platon mais au sens que précisait Harendt (clic) ; le catholicisme, en tant que réalisation de l’utopie platonicienne, vaut par Maître Eckhart, Jean de la Croix, Thérèse D’Avila, Bach et sa Messe en si mineur etc. ; Bach mais aussi tous les musiciens baroques qui permettent aux « non-contemplatifs » de connaître l'ineffable, de la seule façon possible : dans un saisissement muet ; tous les musiciens baroques mais aussi les architectes, les sculpteurs (Le Bernin) etc. et qu’importe le lamento philosophique, finalement calculateur, des Pascal, Nicole etc., qu’importe le délire “sexuel”, la souffrance, l'injouissance sexualisées de Sade, qu’importent les divagations des « philanthropes », des « nihilistes », des « misanthropes », des « hédonistes » et de toutes les variantes d'injouissants philosophiques.


La seule chose qui juge d’une civilisation, c’est la place qu’elle accorde et qui doit être la première à la contemplation et aux contemplatifs, à ceux qui vivent la Beauté ou qui permettent de la vivre , ce que même des écrivains nihilistes, comme Cioran, savaient encore au siècle dernier (« Il y a une demi-heure, sur une affiche apposée sur la grille du cloître de Saint-Sulpice, et qui annonçait L'Art de la fugue, un imbécile a écrit en gros caractères : Dieu est mort. À propos de Bach, du musicien même qui témoigne que Dieu peut ressusciter, dans l'hypothèse qu'il soit défunt, le temps que nous entendons telle cantate ou telle fugue précisément. Le crétinisme contemporain n'a pas de limites » Cioran, Cahiers 1957-1972. )


« Le monde moderne est un soulèvement contre Platon. » Nicolás Gómez Dávila


La prééminence du calcul sur la vie contemplative, c’est ce qui va entraîner la ruine de cette vision spirituelle de la sociétéqui trouve son origine chez Platon au profit d’une société gouvernée par ce calcul et la technique : l’accumulation obsessionnelle du Kapital, de l’or équivalent de la merde, dans l’inconscient, selon Freud, et signe de  la fixation au stade sadique-anal étant censée compenser ce sentiment torturant d’être en marge de l’existence qui taraude tous les injouissants, c'est-à-dire ceux que plus rien ne rattache à la poésie vécue, qui est ce saisissement, cet étonnement muet qu’est la véritable contemplation.


Au début du troisième millénaire, les contemplatifs galants effectuent l'Aufhebung de l’ancienne vision platonicienne parce qu’ils mettent fin à des millénaires de patriarcat*, qui lui-même n’était que la réaction à la précédente domination matriarcale, et qu’ils ramènent les sens, dont Nietzsche avait parlé mais sans pouvoir illustrer, par sa vie, son intuition philosophique : seul Ikkyu, au Japon, avait déjà en partie réalisé cette fusion de la vie charnelle et de la contemplation mystique, et aussi certains patients de W. Reich, comme celui qui lui rapportait la « soudaine et saisissante profondeur qu’avait prise le monde » (clic) après qu'il eut commencé à pouvoir s’abandonner dans l’amour, après qu’il eut pu être saisi et emporté par les vagues du “réflexe orgastique”.


Pour le reste, la société de l’injouissance est une bataille de chiffonniers poétiquement, mystiquement, voluptueusement, charnellement, sexuellement secs et impuissants qui tournent en rond dans la nuit (gavés de bruit, de fureur et de tout ce que l’on voudra) et qui sont dévorés par ce feu que leur donne ce sentiment torturant d’être en marge de l'existence que cette agitation aggrave encore.








Le 21 juillet 2017




* La passion de l'amour porte en soi le modèle d'une communication parfaite : l'orgasme, l'accord des partenaires dans l'acmé.   (R. Vaneigem. Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations.)



* « Alcibiade lui dit un jour que les criailleries de Xanthippe étaient insupportables : « J’y suis habitué, répondit-il, comme on se fait à entendre constamment le bruit d’une poulie. Toi-même ne supportes-tu pas les cris de tes oies ? — Oui, reprit Alcibiade, mais elles me donnent des œufs et des petits. — Et moi, Xanthippe me donne des enfants. » Diogène Laërce, Vies et doctrines des philosophes de l'Antiquité.


À propos du patriarcat : Socrate aurait eu deux femmes : à cause de la sous-population, Athènes aurait autorisé les hommes à avoir deux femmes : dans un groupe matriarcal, les femmes se seraient autorisées autant d'amants qu'elles auraient voulus : la démocratie athénienne est une démocratie de pédérastes — ce que l'on savait déjà mais que l'on oublie un peu, tout comme le néolithique est l'invention de l'esclavage pour les hommes vaincus et de l’assujettissement de toutes les femmes (comme pondeuses au service des hommes), ce qu'on dit assez peu, et invention concomitante de l'agriculture, ce que l'on met généralement en avant —, les femmes grecques, se sachant pouvant être enlevées, violées, pondeuses (acariâtres?!) ou mégères arrogantes du fait de l’importance de leur dot : d’où les limites du « contemplatisme » grec « contemplatisme » corrigé au milieu du XXe siècle par une femme, Hannah Arendt, et déployé, à la fin du deuxième et au début du troisième millénaires, par deux libertins idylliques français, Héloïse Angilbert et R.C. Vaudey.


Supériorité des Français sur les Grecs : quoi que l'on pense de Montaigne, c'est une femme — et non un giton —, Marie de Gournay, sa « fille d’alliance », fréquentant les premiers libertins — c'est-à-dire les premiers libres-penseurs —, auteur elle-même entre autres ouvrages de Égalité entre les hommes et les femmes et de Grief des Dames — où « elle prône l’égalité absolue entre les sexes, ni misogynie, ni "philogynie" » —, qui se charge d'assurer la pérennité de ses écrits.






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lundi 17 juillet 2017

Chant










Joie ! Joie ! Joie !
Votre soie telle
Que cet été-là
Alors qu'encore inconnue de moi
Je la pré-sentais de vos formes nues
Et que je sens
Maintenant
Si absolument souveraine sous moi


Joie ! Joie ! Joie !
Votre légèreté ondoyante
Glissant sous mes bras
Joie tant attendue
Volupté et gourmandise
Suprêmes
Que la chaleur torride
Dilatant excessivement les dilettantes
Telle une cantharide
Encore attise


Joie ! Joie ! Joie !
Turgescence absolue de nos êtres
Délices ravageuses
Indescriptibles
Joie !
Puis long pèlerinage mystique
Jusqu'à cette plage encore merveilleusement lointaine
Où l'on prendra
Ou plutôt : où viendront nous prendre
Tant de vagues toujours renaissantes
Toujours incessantes
Jusqu’à ce que s'éteigne
Après tant d’autres
En toi
Et puis en moi
La toute dernière des ondes
De la toute dernière vague du Monde




Hier
Revenant des plateaux desséchés qui nous entourent
J’admirais cet écrin luxuriant
Édénique
De fraîcheur et de verdure
Dans cette campagne semi-désertique
Que sans même y penser
Nous avons laissé se créer
Mais en prenant bien soin tout de même de le fermer
Autour de notre amour


Et avec nos sentiments
N’avons-nous pas fait de même?
Ne les avons-nous pas laissés se déployer
Caressemment
Sans y penser
Mais en prenant bien soin tout de même de les protéger ?


Héloïse, mon amour, je vous aime






Le 17 juillet 2017 
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017





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lundi 10 juillet 2017

Thélème









Divin boudoir


Les jours passent
Qui nous délassent


Tantôt on vit dans la fraîcheur
Derrière nos grands rideaux tirés
Tandis que sur notre lit de lin
On se prélasse
Tantôt on s’offre au plus merveilleux de tous les astres
Qui ne fait rien qu’à nous griller
Et ne nous laisse pas d’autre choix
Que celui d’aller nous baigner


Alors que revenu à l'intérieur
Je commence à écrire ceci
Le sommeil passe
Pourquoi lui résister ?


Après une micro-sieste épanouie
Je me réveille de trop b
Ce qui toujours l'homme réjouit :
Deux heures à peine ont passé


Dehors vous êtes toujours ouverte à l’astre

Le papillons eux ne font toujours que voler :
En fait, ils surfent des vagues d'air chaud
Puis rebattent des ailes
Pour en reprendre de nouvelles
Et se laisser porter à nouveau
Puis ils se posent sur des fleurs de luzerne
Elles aussi ouvertes et gorgées
Et s'enivrent de leur nectar


De la jouissances du Temps
Le monde est le divin boudoir




Le 7 juillet 2017




 





La vie ne vaut d'être vécue sans amour




Nous faisons ce que nous aimons faire :
Rien
Absolument rien


On passe la journée
Allongés dans notre grand lit
L’un contre l’autre


On rit
On se frôle
En frissonnant d'aise
Sans y penser


On se raconte des choses
Drôles
Ou belles
Enfin, qui nous paraissent telles


En quelque sorte, on ose :
Danser la javanaise


Et ainsi :


On se prélasse
On se délasse
Et on paresse
Perdus dans notre mystique flottance


Ce qui berce nos silences
Ou nos douces caresses
Ce sont des vagues
Qui dans nos cœurs et dans nos corps
Encore dansent
Le souvenir de cette accordance
Et de ses flamboyances
La rémanence
Du tsunami
Qui nous emportaient hier


Ce qui nous y avait menés ?
Notre philosophie
Et notre philanthropie
Tandis que tout en riant et en se disant des je t’aime
Nous rêvions de notre Abbaye de Thélème
Et de la meilleure façon de dépenser
Tous nos milliards


Après avoir racheté les grands bâtiments
De notre village
Qui sont vacants
  Et installé un facteur de clavecin
Et un luthier  
Nous avions décidé que leur meilleur usage
Serait d’y accueillir et d'y former des musiciens


Où installer le Grand Salon Baroque
Où seraient donnés les concerts
Et les soupers fins qui les suivraient ?
Ça, je n’en dirai rien


Nos grands moyens nous le permettant
Maintenant
Nous avions aussi fait l’acquisition de ce palazzetto
À Dorsoduro
Afin de toujours garder ce lien
Avec ce prêtre roux vénitien
Que nous nous étions choisi comme parrain
Avec quelques autres dont Couperin


Grâce à nos investissements intelligents
À la qualité des gens que nous avions invités
Ou que celle de nos instruments attirait
Notre petite localité s’était vite transformée
En un parfait écrin
Pour tout ce que nous aimons :
Les mets les plus fins
Les meilleurs vins
La résurrection des grands musiciens
Des grands sentiments
Et puis, évidemment :
L'amour contemplatif galant…


Ainsi avions-nous créé
En peu de temps une situation
Favorable à cette Thélème
Bâtie autour d’une sensibilité retrouvée
Débarrassée
Grâce à notre générosité
(Puisque fantasques et anonymes mécènes
Nous dépensions notre fortune sans compter)
Des affres du calcul et de la nécessité
Et du besoin d'arriver
Et donc de s'éclater et de défouler
Dans la violence et l'intempérance
Les frustrations de la misère ainsi accumulées
Misère considérée sous tous ses aspects
Que nous avons si souvent nommés
Thélème ainsi élégamment peuplée de tous ces gens doués
Pour faire exister la vie que l’on aime


Et ce n’est qu’une fois ainsi rassurés sur le fait de savoir
Ce que nous allions faire de tous nos milliards
À savoir permettre à de belles personnalités
De s’adonner sans soucis à l’humanité
Qui est l’expérience poétique
Mystique
De la Beauté
Et de la sensibilité
(Tout le reste : connaissances techniques, métiers
Habilités superficielles
Pouvant être abandonné sans regrets
À cette malheureuse Intelligence Artificielle
Qui, au mieux si elle existe jamais ,
Ne pourra être que le diligent valet de pied
Des maîtres sans esclaves dont nous avons parlé si souvent
Ces contemplatifs mais galants
Bien supérieurs à ceux que Platon ou Heidegger avaient imaginés
Et tout entiers possédés par cet état mystique
Que Nietzsche
Dans un de ses bons moments
Avait lui aussi invoqué)
Et ce n’est qu’une fois ainsi rassurés, dis-je,
Sur le fait de savoir ce que nous allions faire de tous nos milliards
Tous ces beaux prodiges
Que je viens d'évoquer
Que nous nous étions laissés aller à nous aimer


Avec toutes les conséquences dont j'ai parlé :
Ce tsunami d’extase
Ce merveilleux sommeil de volupté
Qui l'avait suivi
Et aujourd'hui
Ces folichonneries
Ce délicieux nonchaloir


Qui — lorsqu'on envisage les questions de métaphysique
Sont les seules conclusions physiques
Auxquelles on doit arriver
Et qui vous font savoir
Que vous avez fait
Le seul usage qui vaille de la philosophie...
De la philanthropie

Et du boudoir




 



Le 9 juillet 2017 
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017





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mardi 4 juillet 2017

La Beauté







L’Étonnant
Comme une femme
Belle et désirée 


Le Miracle
Comme cette compénétration des âmes
Tendres et enflammées
Comme cette pénétration qui nous pâme
Puissants-abandonnés   
Comme cette invagination
Flexueuse-annelée
De mon lingam
À laquelle je me donne
Je me laisse aller


La Merveille
Comme ce qui se déchaîne : cette fabuleuse traversée
Délicate-passionnée
Aux mille et une félicités


Et puis l’Extase
Comme être traversés et emportés
Par les convulsions même de la Beauté


Dont je me réveille médusé :


Pourquoi aujourd’hui
Vivre le plus intense de l’amour

Pourquoi si tard et non depuis toujours


Sans pourquoi ni pour qui :
Je remercie







Le 4 juillet 2017 
Journal d'un Libertin-Idyllique (Illuminescences) 2017




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